mardi, 20 mai 2008

Chronique cinéma : absurde Dupontel.

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Un film qui n'est pas sans rappeler, d'une certaine manière, la pièce de théâtre « Caligula » d'Abert Camus, maître de l'absurde.

Voici qu'un homme de quarante ans, Antoine Méliot, qui devrait se trouver au comble du bonheur car possédant tout ce qu'un homme peut rêver de posséder (un métier passionnant qu‘il exerce dans sa propre entreprise, une aisance financière à toute épreuve, une grande maison dont il est l'heureux propriétaire, une voiture de luxe, une femme adorable, des enfants qui le sont tout autant, des amis fidèles…) décide, d'un coup d'un seul, de tout envoyer paître.

Pourquoi?

Il faudra attendre la toute dernière minute pour le savoir. Et en attendant constater, hébété, le travail de sape de cet homme qui semble emporté par l'on ne sait quel vent : folie ou révolte.

Tout part de la prise de conscience, un peu tardive peut être, du véritable sens de la vie, de ses valeurs, de ses priorités, prise de conscience à laquelle cet homme va donner une réponse inattendue qui en fera sans doute mettre en colère plus d'un.

Absurde comportement, profondément égoïste, pourront même penser certains, fuite… ? Il appartiendra à chacun de se positionner. Mais il n'empêche que ce film est remarquablement interprété en premier lieu par Alain Dupontel, qui confirme ici ses talents d'acteur dramatique après nous avoir fait rire sur les planches, mais également par la merveilleuse actrice canadienne Marie-Josée Crauze, plus vraie que nature, entourés tous deux de seconds rôles à la hauteur des premiers.

Un film pendant lequel l'on n'a pas le temps de s'ennuyer et dont le sujet, grave, est néanmoins traité avec une certaine légèreté, entrecoupé de scènes d'humour, sans sexe, sans vulgarité, sans violence extrême ni gratuite, ce qui en fait un film tout public que l'on peut voir en famille.

lundi, 24 mars 2008

bienvenue chez les ch'tis

1318987056.jpgTout le monde en parle. C'est un phénomène exceptionnel. BlogReporter ne pouvait s'en désintéresser. J'ai donc visionné pour vous le film « Bienvenue chez les ch'tis » de Dany Boon après avoir essuyé plusieurs tentatives avortées tant les salles sont effectivement prises d'assaut. Armez vous donc de patience : pour une fois les médias ne grossissent pas l'évènement. Il y a vraiment beaucoup d'attente, des files interminables, tant et si bien qu'il faille parfois même renoncer et attendre les séances suivantes, voire les jours suivants pour y accéder. Authentique!

Le jeu en vaut-t-il la chandelle?

Je pense que, sincèrement, ce long métrage est « victime » de sa surmédiatisation. En effet, si cette comédie franchouillarde, du reste remarquablement interprétée par une équipe de joyeux lurons, est effectivement un très bon film, il ne m'a pas donné l'impression d'être du genre « culte » comme le furent les « Rabby Jacob » ou autres « Bronzés ». Nous n'en sommes pas là. Néanmoins, cette belle comédie vous fera passer un moment très agréable. Les clichés sont de mise et l'histoire bien emmenée. L'on ne s'y ennuie jamais, il n'y a pas de temps morts. L'on rigole beaucoup.

Il s'y trouve tout de même une scène qui, elle, par contre, risque fort de devenir culte, digne des duos les plus célèbres comme le duo Bourvil/De Funès : la tournée du facteur. Une scène incroyablement drôle, admirablement interprétée par Kad et Dany Boon, qui fera certainement encore la une des émissions ciné dans 20 ou 30 ans! Du pur bonheur! Il s'agit là d'art comique à l'état pur. Bravo Dany Boon.

Mais il y a encore mieux : outre l'aspect amusant  et rafraîchissant de cette sympathique comédie, il s'en dégage, pour qui veut bien s'y intéresser, une analyse psychologique légère, mais subtile, de la relation homme/femme. En effet, Kad et Dany Boon entretiennent chacun avec leur « chérie » une relation ambiguë. Dany Boon vit chez sa mère avec laquelle il ne veut pas couper les ponts, ce qui l'empêche de vivre son idylle avec sa tendre aimée. Il a fait le choix de rester au domicile maternel mais il est toujours amoureux de son « ex » et souffre de la voir s'éloigner peu à peu. Kad, quant à lui, se retrouve à mener une sorte de double vie affective : la semaine avec les copains, comme un jeune célibataire (dont il se régale), et le week end avec son épouse. Mieux, donc, que lorsqu'ils habitaient tous deux sous le même toit toute l'année et pour cause : elle (son épouse) s'occupe et se préoccupe de lui, in fine, comme une maman. Situation qui lui convient très bien puisqu'il ne veut pas en changer. Il a, en quelques sortes, le beurre et l'argent du beurre.

Mais cette situation ne pouvant perdurer au risque de leur faire perdre, chacun, la femme de sa vie, ils doivent impérativement couper les liens avec cette «mère » si envahissante. Et ils y parviennent.

Combien d'entre nous, hommes, avons-nous tardé ou n'avons-nous pas encore coupé le liens du cordon avec nos mères, avec la façon dont nous avons été « formatés » dès notre plus jeune âge plus ou moins inconsciemment. Combien de couples n'éclatent-t-ils pas à cause de cela? Qu'on se le dise une bonne foi pour toutes : nos épouses ne sont pas nos mères et nous ne pouvons nourrir le phantasme d'un « ménage à trois » sans risquer de perdre l'être aimé à tout jamais. Et telle perspective est éminemment dangereuse car si nos mères nous ont donné la vie, elles ont un jour à faire place à celles par lesquelles nous devenons des hommes. Et si elles ne le font pas, c'est à nous, gentiment, respectueusement mais fermement, de le leur imposer.

PB

lundi, 11 février 2008

le temps de la reconnaissance

Je l’avais pressenti. Elle l’a eu. Enfin! Il était temps. Temps d’une consécration internationale à défaut de reconnaissance nationale. Nul n’est prophète en son pays.

 

Jamais ô grand jamais actrice n’aura su incarner un personnage nous le rendant tellement réel qu’on a pu, par moments, s’y méprendre. Des heures, des nuits et des jours de travail, de sacrifices et d’abnégation pour accoucher d’une une œuvre cinématographique à nulle autre pareille.

 

Oui, c’est bien de « La Môme » et de Marion Cotillard dont je vous entretiens. Lisez plutôt l’article que j’avais écrit à l’époque de sa sortie. Après les Etats-Unis d’Amérique, c’est Londres qui prime l’actrice. C’est à se demander comment, oui comment, Cannes a-t-elle fait pour ignorer l’évènement ?

 

Alors pour ceux et celles qui seraient passés à côté, il reste encore la solution du DVD, pourvu que vous le visionniez dans des conditions favorables, loin de toute distraction. Ceux qui ont un grand écran avec Home Salon HD seront plus favorisés mais les autres ne seront pas lésés.

 

Si vous hésitiez, si vous n‘étiez pas convaincu… vous n’avez aujourd’hui plus un instant à perdre, sous peine, dans votre vie, d’être passé à côté d’un monument!

 PB